1_2_3 SCULPTURE DE FIBRES
Exposition au Musée Jean-Lurçat/ Angers
du 16 décembre 2011 au 28 mai 2012.
Le musée dédié à la tapisserie contemporaine met à l’honneur, cet hiver, trois artistes françaises, trois techniques, trois univers, trois salles. Marie-Noëlle Fontan / Simone Pheulpin / Jill Galliéni.
Marie-Noëlle Fontan, déjà citée dans un article d’octobre, on la retrouve toujours avec des éléments végétaux tissés, brodés, ficelés qu’elle a glané au cours de ses voyages notamment au Guatemala. Son travail est soigné, léger, minimaliste et délicat de par la fragilité des matériaux employés. Ses oeuvres ne transmettent aucun message mais plus une dimension poétique, contemplative. Le rapport à l’espace est très important pour elle, ainsi les pièces exposées ont été agencée par le commissaire mais aussi par elle même, ainsi chaque nouvelle exposition est source d’une nouvelle installation.
Simone Pheulpin, ou comment transformer des bandelettes de tissu brut en sculpture précieuse et raffinée. Cette artiste a inventé une technique particulière qui en fait sa signature. Elle travaille le coton naturel, il est plié, enroulé, serré, collé, coupé et fixé avec des centaines d’aiguilles. Ses tissus sculptés sont monochromes, mais ils sont rythmés par l’ombre et la lumière. Les formes suggestives appelle à l’imaginaire, à l’organique, ont peut y voir des coquilles fissurées, des stalactites, des rochers, des algues, des failles, des strates… L’artiste puise son inspiration dans la nature, ses lignes labyrinthiques: les cernes du bois, les méandres d’un choux tranché, le ruissellement des lichens… L’artiste se laisse guider par le matériau, elle ne sait jamais ce qu’elle va obtenir avant de finir de structurer ses centaines de mètres de bandes.
Jill Galliéni, artiste tourmentée, explore les méandres de la femme avec ses poupées textiles. On ressent les émotions à travers les postures de ses dames sans yeux, qui regardent de l’intérieur d’elles-mêmes. C’est un ballet silencieux de femmes drapées, parcourues de fils brodés, colorés qui peuvent évoquer des cicatrices mais aussi des bijoux, des tatouages, du maquillage. Dans l’exposition on retrouve aussi ses prières, écritures spontanées et intimes, ses litanies illisibles fait de mots superposés ou de simples traits enchevêtrés. Ses écritures compulsives sont assimilées à l’Art Brut (Jean du Buffet/ 1945), l’artiste n’ayant pas conscience à ses débuts qu’elle réalisait une oeuvre d’art, elle le faisait pour elle, pour assouvir un besoin.